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Jean Charest nie avoir reçu un chèque de 3000 $

Par le 29 janvier, 2014

 Jean Charest nie avoir reçu un chèque de 3000 $

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, s’est fait le porte-voix de l’ancien premier ministre Jean Charest, mercredi, niant que l’ex-premier ministre a reçu un chèque de 3000 $ de la main d’un lobbyiste à quelques jours des élections générales de décembre 2008.

Un texte de François Messier

La commission Charbonneau s’est intéressée aujourd’hui à ce chèque remis au Parti libéral du Québec (PLQ). C’était la première fois que le nom de l’ancien premier ministre était évoqué à la commission d’enquête.

« J’ai moi-même parlé à M. Charest. Il nie catégoriquement avoir reçu quoi que ce soit de M. Lafortune ou de qui que ce soit d’autre », a déclaré Philippe Couillard lors d’un point de presse à Saint-Félicien, au Lac-Saint-Jean, où se déroule le caucus de son parti.

Le chèque en question a été présenté en preuve lors du témoignage livré cet automne par Louis-Pierre Lafortune, l’ex-vice-président des Grues Guay qui a été accusé de gangstérisme au terme de l’opération Diligence.

La levée partielle de l’ordonnance de non-publication touchant son témoignage nous permet d’en parler. Il nous est cependant interdit de révéler l’identité du lobbyiste en question.

Le chèque auquel s’intéresse la commission a été rédigé à l’attention de l’Association libérale de Sherbrooke, la circonscription que représentait l’ex-premier ministre Jean Charest, par celui qui était alors le chef de la direction financière du fabricant d’éoliennes AAER, Jean-Robert Pronovost.

Il est daté du 20 novembre 2008, soit 18 jours avant que le Québec élise un gouvernement libéral majoritaire.

La remise de ce chèque est évoquée lors de deux conversations téléphoniques entre M. Lafortune, alors vice-président des Grues Guay, et Dave Gagnon, président et chef de la direction d’AAER.

M. Lafortune avait investi 200 000 $ dans la compagnie, qui s’était installée dans l’ancienne usine Hyundai de Bromont. Il a dit avoir possiblement mis Dave Gagnon en contact avec ce lobbyiste, avec lequel il faisait affaire.

« (Le lobbyiste) vient de partir d’icitte-là », dit M. Gagnon à M. Lafortune le 20 novembre 2008. « Pis je viens d’y donner un beau chèque pour M. Charest là. [...] Y va y remettre ça en mains propres ce soir ». Lafortune lui dit être déjà au courant.

Le 26 novembre, les deux hommes se reparlent à nouveau. « J’ai parlé avec (notre lobbyiste) hier », dit Gagnon. « Y a donné mon enveloppe à Jean Charest ». Lafortune répond : « Bon bonhomme ».

M. Gagnon l’informe en outre que Pierre Paradis, député libéral de Brome-Missisquoi, qui inclut Bromont, est venu à son usine la veille. « Le vent tourne, mon cher », lance-t-il à Louis-Pierre Lafortune.

Talonné par les commissaires et les procureurs de la commission, l’ex-vice-président des Grues Guay a dit ne pas connaître M. Pronovost, ni la nature des liens d’affaires unissant M. Gagnon et le lobbyiste.

Louis-Pierre Lafortune a cherché à minimiser l’influence du lobbyiste. Il l’a décrit comme un « beau parleur » et un « name dropper », très enclin à exagérer l’importance de ses contacts politiques.Aucun projet d’AAER n’a finalement été retenu par le gouvernement Charest, et cela avait d’ailleurs été vivement dénoncé par les partis d’opposition à l’époque. L’entreprise a d’ailleurs fait faillite en 2010.

Au tour des péquistes de demander des explications

Les ministres du gouvernement péquiste n’ont pas hésité à remettre en question l’intégrité de l’ancien premier ministre libéral. Ils estiment que le Parti libéral cherche à cacher des choses aux Québécois. « Après qu’il ait voté 11 fois contre la tenue d’une commission d’enquête comme celle qui a lieu aujourd’hui – qui le met en cause – je ne pense pas que l’intégrité était la valeur cardinale de M. Charest », a déclaré le ministre Jean-François Lisée.

Il faut dire que les ministres du Parti québécois ont eux-mêmes été sur les charbons ardents la semaine dernière dans le cadre de révélations faites à la Commission Charbonneau. La première ministre Pauline Marois a notamment dû nier l’existence d’un « deal » entre son mari, Claude Blanchet, et la FTQ Construction tel qu’évoqué lors d’écoutes électroniques à la commission.

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