La politique en régions, un sport épuisant!

Par le 23 octobre, 2013

Si Montréal, Laval ou Québec sont omniprésentes dans les médias à la veille des élections municipales du 3 novembre, on oublie trop souvent qu’à l’ensemble du Québec, c’est 1103 municipalités qui se rendront aux urnes le même jour. Car la politique municipale, ça se passe beaucoup en régions !

Si toutes les villes et villages québécois ne font pas parler d’eux devant la juge Charbonneau, cela ne signifie pas qu’il ne se passe rien dans leur petit coin de pays. Bien au contraire. Je dirais même que la politique municipale en régions, c’est un sport épuisant.

Bien sûr, le maire d’Amqui (Là où l’on s’amuse!, dit le slogan de la ville) n’a pas un budget de 4,7 milliards $ à gérer, pas plus que la construction d’un amphithéâtre de 400 millions $ à surveiller. Reste que les élus des plus petites bourgades de la province ne sont pas moins redevables à leurs concitoyens, avec la même obligation de transparence et de résultats. Car à Montréal autant qu’à Sainte-Anne-de-la-Pérade, les gens souhaitent en avoir pour leur argent.

 La politique en régions, un sport épuisant!

La politique en régions implique une très grande proximité entre élus et citoyens. (Source : radio-canada.ca)

Toutefois, contrairement aux grands centres urbains, les petites municipalités disposent de peu de moyens pour parvenir à leurs fins. Si Montréal compte sur une armée d’avocats et d’ingénieurs, des centaines de fonctionnaires spécialisés, le petit village, lui, doit souvent se débrouiller avec une poignée d’employés : un directeur général, une secrétaire et… ??? Souvent rien d’autre, et parfois même à temps partiel.

Ce qui n’enlève rien aux élus dévoués à la cause, bien au contraire. Généralement, ces derniers doivent s’investir davantage auprès de leur population pour suivre les dossiers qui préoccupent, faire eux-mêmes les recherches nécessaires pour trouver des solutions aux problèmes citoyens, le tout, bien souvent, en occupant déjà un emploi à temps plein. La politique en régions est une affaire de dévotion, pas de carrière.

Cette politique « régionale » peut aussi être très rude, citoyens et administration municipale étant généralement très près l’un de l’autre. Trop peut-être, mais c’est le propre des petits villages où tous se connaissent. Rappelez-vous cet individu à Verchères qui, mécontent du traitement d’un dossier le concernant, s’était présenté à l’hôtel de ville en janvier 2012 pour agresser à l’arme blanche le maire et son adjoint, après avoir vraisemblablement tué son voisin. Ce drame constitue bien sûr l’exception, mais il traduit une réalité vécue au quotidien dans le Québec profond.

Présentez-vous à une séance du conseil municipal d’un petit village et vous verrez que les couteaux volent parfois très bas en région. Tout est plus personnel, plus émotif, plus près des gens, et ça amène un lot de difficultés qui est tout autre comparé aux grandes villes. Je le sais pour avoir couvert la politique municipale de plusieurs petits villages montérégiens et laissez-moi vous dire que l’action ne manque pas. Très souvent, l’enjeu politique est une affaire de clans, « eux » contre « nous », la bande à « Simard » contre l’équipe de « Beaudry ». Et ça crée un climat explosif, parfois pour des banalités, d’autres fois pour des enjeux de grande importance pour la collectivité.

À l’heure où la relève politique se fait rare, particulièrement en régions, il faut saluer l’engagement de ces hommes et femmes qui se dévouent pour leur municipalité, pour le bien-être collectif. C’est une tâche ingrate et difficile, parfois terriblement frustrante. Soulignons donc leur implication de la meilleure façon possible le 3 novembre : en allant voter !

Avec un tel sujet chers lecteurs, j’ai envie de vous demander votre perception de la politique en région ? Avez-vous des anecdotes que vous souhaiteriez partager ? Je suis très curieux de nature.

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