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Lac-Mégantic : une communauté en colère

Par le 8 juillet, 2013

 Lac Mégantic : une communauté en colère

La Sûreté du Québec annonce que 8 nouveaux corps ont été récupérés, faisant passer le bilan provisoire à 13 victimes. Après révision de la liste des personnes portées disparues, les autorités précisent qu'environ 50 personnes sont sur cette liste, laquelle inclut les 13 victimes qui n'ont pas encore été identifiées.

L'ensemble du territoire incendié est maintenant accessible aux policiers, qui sont toujours une centaine sur les lieux.

Cinq corps ont été transportés dans les locaux du laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale afin qu'ils soient identifiés, a révélé Geneviève Guilbault, responsable des communications au Bureau du coroner. Celle-ci a ajouté qu'une anthropologue judiciaire arrivera sous peu à Lac-Mégantic afin d'appuyer trois odontologistes qui travaillent à l'identification des victimes.

La Sûreté du Québec a par ailleurs affirmé que l'enquête progresse, sans fournir plus de détails à ce sujet.

Un peu plus tôt hier après-midi, la Sécurité civile et la municipalité de Lac-Mégantic ont annoncé qu'un plan de réintégration des secteurs évacués serait présenté dès mardi matin.

Deux jours après la catastrophe qui a dévasté le centre-ville de la petite municipalité de 6000 habitants, en Estrie, la mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche, a déclaré lundi après-midi que le plan qui serait présenté mardi toucherait un peu plus de 1500 personnes, qui pourront donc regagner progressivement leur domicile au cours des prochains jours.

La majorité de ces personnes sont présentement hébergées chez des proches.

La mairesse Roy-Laroche a par ailleurs mentionné avoir rencontré le PDG de la compagnie ferroviaire Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA), et que cette première rencontre avait été « satisfaisante ».

Elle n'a toutefois pas voulu dire si elle envisageait de poursuivre l'entreprise, soulignant que les décisions sont prises par le conseil municipal.

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La situation s'améliore lentement

Outre les incendies dans la ville qui ont été maîtrisés dimanche par les pompiers après une quarantaine d'heures de travail, la situation se stabilise progressivement dans les rues de Lac-Mégantic.

En ce qui a trait à la qualité de l'eau potable et de l'air et à la contamination des sols, la mairesse de Roy-Laroche a assuré les citoyens que les réservoirs d'eau potable de la ville étaient à des niveaux acceptables et que la qualité de l'eau potable était bonne. L'avis d'ébullition est maintenu en raison du protocole établi en cas de bris d'aqueduc. Les zones visées par cet avis sont Lac-Mégantic, Nantes et le secteur Frontenacier.

 Lac Mégantic : une communauté en colère

Par contre, le pétrole lourd qui s'est déversé dans le lac Mégantic préoccupe davantage les autorités. D'importantes quantités de carburant ont migré dans les cours d'eau de la région, notamment dans tout le bassin de la rivière Chaudière.

Quant à la qualité de l'air à Lac-Mégantic et dans les environs, les autorités ont annoncé que la situation était revenue à la normale et que tout danger lié à des émanations ou à des polluants répandus dans l'air était écarté.

Les milliers de litres de pétrole brut qui ont brûlé pendant 40 heures dans la ville ont quant à eux généré des retombées de cendres, de suie et des résidus huileux qui se sont déposés au sol dans la ville. L'ampleur et le nettoyage de ces résidus font encore l'objet d'une évaluation, selon les autorités environnementales déployées sur place.

Dur retour à la maison pour certains

Dimanche, une partie du périmètre de sécurité a été levé, si bien que les résidents habitant entre la rue Pie-XI et la rue Cousineau ont pu réintégrer leur domicile.

Les autres ont dû se débrouiller pour passer la nuit ailleurs. Plusieurs dizaines de sinistrés se sont rendus à la polyvalente Montignac, transformée en centre d'hébergement de la Croix-Rouge. En tout, 613 personnes se sont enregistrées pour recevoir divers services de soutien, dont de l'aide psychologique.

Pour ceux qui ont pu rentrer à la maison, le cauchemar est loin d'être terminé. « Le plus dur en revenant, ce sont les pertes humaines. J'ai entendu dire que mon voisin et sa blonde sont décédés. Un des mes chums, sa fille est décédée [...] ça va être ça, le pire », a confié l'un d'eux.

D'autres continuent de s'accrocher à un mince espoir. « Une madame à côté, c'est sa petite-fille [qui est disparue]. Sa mère a une lueur d'espoir de la retrouver. C'est vraiment triste », s'est désolée une résidente, la gorge nouée par l'émotion.

Le fil des événements

La série d'événements qui ont conduit au déraillement d'un convoi de 72 wagons-citernes de pétrole brut au centre-ville de Lac-Mégantic à 1 h 15 dans la nuit de vendredi à samedi s'est amorcée à Nantes, à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Lac-Mégantic.

Vers 23 h 25 vendredi soir, le train de la compagnie américaine Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA) s'est immobilisé comme prévu à Nantes pour effectuer un changement d'équipe. Le train devait alors passer la nuit sur les rails, en attendant qu'un opérateur de MMA reprenne les commandes du train, à 7 h samedi matin.

Quelques minutes plus tard, un passant a appelé le 911 après avoir constaté un incendie dans la locomotive de tête. Les pompiers de Nantes ont alors éteint le feu, et un employé de MMA s'est rendu sur place pour confirmer que le train était sécurisé avant le départ des pompiers.

Or, pour une raison toujours inconnue, le convoi chargé de 7200 tonnes de pétrole brut se serait mis à rouler librement, sans conducteur, en direction de Lac-Mégantic, situé une dizaine de kilomètres plus bas.

« Bien que l'enquête gouvernementale sur la cause de l'accident ait dans une grande mesure empêché MMA de terminer sa propre enquête, selon un fait qui semble établi, le moteur de la locomotive du train stationné à la station de Nantes a été arrêté après le départ du mécanicien qui avait conduit le train depuis Farnham, ce qui pourrait avoir entraîné le désarmement des freins à commande pneumatique de la locomotive qui maintenait le train en place », a expliqué MMA par voie de communiqué.

Entraîné par la gravité, le train a dévalé la voie à grande vitesse avant de s'engouffrer dans le coeur du village, vers 1 h 15 du matin. Incapable de négocier un virage dans la ville à une telle vitesse, le convoi a déraillé, ce qui a provoqué une série de puissantes explosions et d'incendies qui ont emporté une trentaine de bâtiments et fauché un nombre indéterminé de vies.

Le transporteur peu bavard

La compagnie Montreal, Maine and Atlantic Railway, basée à Bangor, dans le Maine, se fait discrète depuis la catastrophe.

Dans un second communiqué publié dimanche après-midi, MMA a émis l'hypothèse d'un problème avec les freins à air du convoi. Samedi, l'entreprise américaine a offert ses condoléances aux proches des victimes et a promis de collaborer aux enquêtes. Un porte-parole francophone a été désigné par MMA, à qui on a reproché au cours des dernières heures la médiocrité de ses communications en français.

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