Cobrand – Decouverte – General

Des antennes radars pour comprendre le déclin des abeilles

Par le 29 juillet, 2013

 Des antennes radars pour comprendre le déclin des abeilles

Des scientifiques européens ont équipé des abeilles de petites antennes radars permettant de suivre leurs déplacements à la trace, afin de démontrer la nocivité des pesticides pour ces insectes pollinisateurs.

Les antennes, très légères, qui mesurent environ 2 centimètres, sont collées sur le dos des insectes. L'équipe de biologistes du centre de recherche Rothamsted, au Royaume-Uni, et de l'Université libre de Berlin peut ainsi suivre de manière très précise le mouvement d'individus au sein d'une population d'abeilles.

Les scientifiques multiplient les recherches pour tenter de comprendre ce qui décime les populations d'abeilles et de bourdons à l'échelle planétaire depuis environ 25 ans. Ces insectes sont des pollinisateurs importants des plantes à fleurs qui produisent la plupart des fruits et des légumes. Au Canada, on estime qu'un tiers de la production de nourriture dépend de la pollinisation par les insectes.

Les scientifiques avaient déjà observé que les abeilles semblaient avoir du mal à s'orienter après avoir été exposées à une certaine classe de pesticides, appelés néonicotinoïdes, qui sont parmi les insecticides les plus utilisés dans le monde. Ces produits chimiques sont connus pour agir sur le système nerveux central des insectes et de nombreux apiculteurs mettent en cause ces molécules pour expliquer l'effondrement des colonies d'insectes pollinisateurs.

En guise de test, les chercheurs ont fait ingurgiter un nectar contenant des pesticides à 200 abeilles et ont nourri un groupe contrôle de 200 autres abeilles avec un nectar sain.

« Les abeilles nourries aux pesticides deviennent plus confuses, et l'effet dépend de la dose. Il semble donc que les néonicotinoïdes soient dangereux pour les abeilles » , explique Randolf Menzel, neurobiologiste allemand et directeur des travaux.

Deux sortes de mémoire

Le chercheur explique que les abeilles font appel à deux types de mémoire pour retrouver leur chemin. Le premier type est une sorte de navigateur automatique qui permet aux insectes de retrouver la ruche en suivant la direction d'un vecteur donné. L'autre type se base sur toutes les caractéristiques sensorielles du paysage et se développe au cours de la vie de l'abeille et de ses sorties à l'extérieur de la ruche.

Les abeilles exposées aux pesticides volent bien quand il s'agit de suivre la direction d'un vecteur, mais elles se perdent quand elles doivent faire appel à leur mémoire du paysage, poursuit Randolf Menzel.

L'étude conclut que les abeilles exposées aux pesticides s'affaiblissent à cause de leur incapacité à s'orienter. Elles deviennent ainsi plus vulnérables aux menaces comme les maladies ou le mauvais temps.

L'Union européenne a voté plus tôt cette année l'interdiction de ces substances par crainte qu'elles nuisent aux abeilles. De nombreux pays ailleurs dans le monde continuent toutefois à les utiliser. Santé Canada, responsable de l'approbation des pesticides, suit le dossier, mais n'a pas recommandé d'interdire les néonicotinoïdes.

Toutefois, des critiques de la recherche soulignent que les quantités de pesticides données aux abeilles lors de ces tests sont beaucoup plus élevées que celles auxquelles elles sont exposées dans les champs, rapporte le quotidien britannique The Telegraph.

Les résultats de la recherche seront rendus publics dans un épisode spécial de l'émission télévisée Horizon sur la chaîne britannique BBC One.

Avec The Telegraph et Maxisciences

Partagez cet article

Poursuivez votre lecture sur ces thèmes

Réagissez à cet article

One Comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>