2 poids, 2 loyers

Par le 30 juillet, 2013

 2 poids, 2 loyers

À Osaka, au Japon, se trouve un immeuble dont l’une des clauses du bail spécifie que le loyer des locataires variera selon leur poids.

C’est un immeuble réservé aux femmes.  

Tous les trois mois, ces femmes sont pesées. Si elles ont pris du poids depuis la dernière pesée, leur loyer augmente de 1000 yens (10,50 CAD) par 2,2 livres prises ou, au contraire, diminue de 1000 yens par 2,2 livres perdues, et ce, jusqu’à la prochaine pesée. 

De quoi devenir anorexique…

Cette nouvelle me hérisse. Tout d’abord parce que je déteste les endroits exclusifs. Les immeubles pour femmes seulement, les piscines séparées en deux, les villes réservées aux 50 ans et plus, les enfants regroupés par âge, les clubs privés, et j’en passe.

Toute forme d’exclusion me rappelle douloureusement que nous sommes encore bien loin d’aimer nos prochains comme nous-mêmes.

Je déteste aussi les régimes. Les diètes, les restrictions, les obsessions, tout ce qui nous amène à garder un regard constamment critique sur notre corps, de moins en moins tourné vers notre prochain.

En vérité je vous le dis, l’obsession du corps est en train de faire de nous des névrosés.

Aux États-Unis, l’industrie du régime génère 20 milliards de revenus annuels.  Faut dire qu’un Américain sur trois est obèse. L’obsession est nationale.

Au Japon, le problème serait plutôt l’inverse : le tiers des Japonaises de moins de 30 ans sont anorexiques.

Une nouvelle façon de vivre ???

Selon Mari Kataoka, l’administratrice de l’immeuble en question, l’intention première derrière cette clause inusitée était de créer un environnement d’aide pour les femmes en surpoids à la recherche d’une nouvelle façon de vivre.

Mais sont pas fous les proprios : ils offrent à leurs locataires des salles d’exercice bien équipées et des rabais sur tout plein de produits de beauté, mais aussi… des collations gratuites.

 2 poids, 2 loyers

Les collations gratuites disponibles en tout temps: pour renforcer la volonté des locataires…

On ne parle pas ici de fruits, de noix ou de bouteilles d’eau mises à leur disposition en tout temps, question de leur donner des goûts sains. On parle ici de sacs de croustilles et de boissons gazeuses.

C’est pour leur bien, parait-il. Pour renforcer leur volonté. «En leur offrant ces collations, nous espérons qu’elles deviennent plus résistantes à la tentation, a déclaré (en pouffant de rire à la fin de sa réponse) madame Kataoka.

Je rirais aussi si je ne trouvais pas ça si affligeant…

 

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